Trois taux, une logique simple
La TVA travaux n'est pas un labyrinthe : c'est trois cases à cocher dans le bon ordre. Le taux normal est à 20 %, le taux intermédiaire à 10 % s'applique à la rénovation et à l'entretien des logements anciens, et le taux réduit à 5,5 % concerne les travaux d'amélioration énergétique éligibles. Tout le reste est variation autour de ces trois pivots.
La règle d'or : chaque ligne d'un devis porte son propre taux. Tu peux parfaitement émettre un devis BTP avec trois taux différents si la nature des prestations le justifie.
Tableau récapitulatif
| Taux | Cas d'application | Conditions |
|---|---|---|
| 5,5 % | Travaux d'amélioration énergétique : isolation, chaudière haute performance, pompe à chaleur, fenêtres isolantes en remplacement. | Logement > 2 ans + attestation client + équipements éligibles selon liste réglementaire. |
| 10 % | Travaux d'amélioration, transformation, aménagement ou entretien d'un logement existant. | Logement > 2 ans + attestation client + locaux à usage d'habitation. |
| 20 % | Construction neuve, extension assimilée à du neuf, locaux professionnels, fournitures principales, équipements non éligibles aux taux réduits. | Taux par défaut quand les conditions des taux réduits ne sont pas remplies. |
Conditions à vérifier avant d'appliquer un taux réduit
1. L'âge du logement
Le logement doit avoir plus de deux ans à la date de début des travaux. Cette information est déclarative côté client : tu n'as pas à demander un titre de propriété, mais l'attestation t'engage tous les deux. En cas de contrôle, l'administration fiscale peut remonter au cadastre.
2. L'usage du logement
Le logement doit être à usage d'habitation principal ou secondaire. Pour un local commercial, un bureau ou un usage mixte, la TVA réduite ne s'applique pas (ou s'applique au prorata, calcul complexe à faire au cas par cas).
3. La nature des travaux
Pour le taux à 10 %, presque tous les travaux d'amélioration, transformation et entretien sont éligibles. Pour le taux à 5,5 %, la liste est limitative et fixée par décret : isolation thermique, équipements de chauffage performants, fenêtres isolantes en remplacement, etc.
4. L'attestation client
C'est la pièce centrale. Sans attestation signée par le client (formulaire simplifié n°1301-SD ou formulaire normal n°1300-SD), tu factures à 20 %. Aucune exception. C'est toi qui paies la différence en cas de contrôle.
Le piège classique : amélioration vs entretien
Les deux sont à 10 % (logement > 2 ans avec attestation), donc en pratique la distinction ne change rien à ton taux. Mais elle compte si tu cherches à appliquer le taux à 5,5 % via amélioration énergétique.
- Entretien : maintien en état d'un équipement existant (vidange chaudière, ramonage, peinture rafraîchie).
- Amélioration : remplacement d'un équipement par un plus performant ou ajout d'une fonctionnalité (chaudière classique → condensation, baignoire → douche à l'italienne).
- Amélioration énergétique éligible: sous-cas d'amélioration qui figure sur la liste réglementaire et qui fait basculer à 5,5 %.
Avec Billies, c'est automatique
À la dictée vocale, tu décris ce que tu as fait (« remplacement chaudière condensation 25kW chez M. Dupont, logement de 30 ans »), Billies identifie la nature des travaux, propose 5,5 % pour la pose et 20 % pour la fourniture, génère l'attestation TVA pré-remplie pour ton client.
Les cas particuliers à connaître
Les fournitures principales restent à 20 %
Si tu apportes un équipement coûteux (chaudière, climatisation, ascenseur, baignoire), la fourniture peut rester à 20 % alors que la pose est à 10 %. C'est la fameuse règle des « fournitures principales » qui mérite à elle seule un mémo dans ton bureau.
Les travaux mixtes énergétique + classique
Tu peux parfaitement avoir un chantier où la pose d'une chaudière éligible passe à 5,5 % et la rénovation peinture accompagnée reste à 10 %. Une ligne par taux, c'est parfaitement valide.
L'autoliquidation BTP entre pros
Si tu sous-traites un chantier BTP à un autre artisan, l'autoliquidation s'applique sous certaines conditions. Le donneur d'ordre paie la TVA, le sous-traitant facture HT avec mention « autoliquidation, art. 283-2 nonies du CGI ».
