Quel statut, quelles obligations ?
La majorité des esthéticiennes freelance sont en micro-entreprise (auto-entrepreneur). C'est le statut le plus simple pour démarrer : compta allégée, charges calculées sur le chiffre d'affaires, déclaration mensuelle ou trimestrielle.
- Micro-entreprise (auto-entrepreneur) : seuil 77 700 € HT/an de chiffre d'affaires (prestations de services).
- EI classique : pour aller au-delà ou avoir plus de charges déductibles.
- SASU : pour celles qui se versent un vrai salaire ou veulent dissocier patrimoine pro et perso.
Note : il existe une distinction entre les soins (TVA à 20 % standard) et les actes paramédicaux (exonération possible — épilation laser médicale, soins post-chirurgie). Pour 99 % des esthéticiennes, c'est 20 % ou franchise en base.
Franchise en base de TVA : ton meilleur ami au début
Tant que ton chiffre d'affaires reste sous 39 100 € HT/an (seuil prestations de services 2026), tu peux choisir la franchise en base : tu ne factures pas la TVA, tu ne la déclares pas. C'est moins de paperasse et un avantage compétitif sur les particuliers (tes prix incluent moins de taxes).
Les mentions obligatoires sur tes factures
Une facture esthéticienne doit contenir au minimum :
- Mot « Facture » apparent
- Date d'émission et date de la prestation
- Numéro de facture séquentiel (FAC-2026-0001, FAC-2026-0002…)
- Ton nom + nom commercial éventuel, ton adresse, ton SIRET
- Nom et adresse du client
- Description précise de la prestation (« Soin du visage 1 h, modelage 30 min »)
- Prix HT, montant TVA (ou mention franchise), prix TTC
- Conditions de paiement (« Paiement à réception »)
- Mention assurance pro si tu en as une (recommandée pour le visage et le laser)
Ticket ou facture : que donner à ton client ?
Pour les particuliers, un ticket de caisse peut suffire en dessous de 25 € TTC. Au-delà, ou sur demande du client, tu dois fournir une facture. La plupart des esthéticiennes préfèrent émettre directement une facture pour tout : c'est plus simple à gérer dans son outil et plus pro.
Pour les clients pros (entreprise qui fait venir une esthéticienne pour un événement, par exemple), la facture est obligatoire dans tous les cas.
Encaissement : carte, espèces, virement ?
- Espèces : autorisées jusqu'à 1 000 € TTC pour un particulier français résident.
- Carte bancaire : moyens modernes type SumUp, Square, Stripe Terminal — comissions 1,2 à 2 %.
- Virement : pratique pour les clients fidèles ou B2B.
- Chèque : encore courant mais en déclin, conserve le chèque jusqu'au passage en banque.
Quel outil utiliser ?
Tu as le choix entre trois approches selon ton volume :
- Carnet papier + Excel : pour 1-2 clientes par semaine, ça peut tenir. Au-delà, tu vas perdre du temps.
- Logiciel de facturation léger (Billies, Henrri) : émission rapide, numérotation auto, modèles légaux à jour.
- Logiciel métier beauté (Treatwell Pro, Planity Pro) : gère aussi les rendez-vous mais c'est plus cher.
Déclaration mensuelle ou trimestrielle (auto-entrepreneur)
En micro-entreprise, tu déclares ton chiffre d'affaires (HT) sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Tu peux choisir mensuel ou trimestriel. Tu paies les cotisations sociales sur la base de ce CA (22 % en 2026 pour les BIC services + 1,7 % en libéral non réglementé pour la formation pro).
- Mensuel : moins lourd à gérer (petite somme chaque mois).
- Trimestriel : pratique si ton activité est saisonnière.
- Tu peux changer la périodicité une fois par an, avant le 31 octobre pour l'année suivante.
