Quel statut, quelles obligations ?
Beaucoup d'esthéticiennes freelance démarrent en micro-entreprise (auto-entrepreneur). C'est le statut le plus simple pour démarrer : compta allégée, charges calculées sur le chiffre d'affaires, déclaration mensuelle ou trimestrielle.
- Micro-entreprise (auto-entrepreneur) : seuil 83 600 € HT/an de chiffre d'affaires pour les prestations de services (seuil 2026-2028, art. 50-0 du CGI).
- EI classique : pour aller au-delà ou avoir plus de charges déductibles.
- SASU : pour celles qui se versent un vrai salaire ou veulent dissocier patrimoine pro et perso.
Côté TVA, les soins esthétiques sont au taux normal de 20 %. L'exonération des soins (art. 261, 4, 1° du CGI) est réservée aux professions médicales et paramédicales réglementées : elle ne concerne pas les esthéticiennes, épilation laser comprise. En pratique, c'est donc 20 % ou la franchise en base.
Franchise en base de TVA : l'option simple pour démarrer
Tant que ton chiffre d'affaires de prestations reste sous 37 500 € HT l'année précédente et sous 41 250 € HT l'année en cours (art. 293 B du CGI), tu bénéficies de la franchise en base, sauf si tu optes pour la TVA : tu ne factures pas la TVA, tu ne la déclares pas. C'est moins de paperasse et un avantage compétitif sur les particuliers (tes prix incluent moins de taxes).
Les mentions obligatoires sur tes factures
Une facture esthéticienne doit contenir au minimum :
- Mot « Facture » apparent
- Date d'émission et date de la prestation
- Numéro de facture séquentiel (FAC-2026-0001, FAC-2026-0002…)
- Ton nom + nom commercial éventuel, ton adresse, ton SIRET
- Nom et adresse du client
- Description précise de la prestation (« Soin du visage 1 h, modelage 30 min »)
- Prix HT, montant TVA (ou mention franchise), prix TTC
- Conditions de paiement (« Paiement à réception »)
- Mention assurance pro si tu en as une (recommandée pour le visage et le laser)
Note ou facture : que donner à ta cliente ?
Pour les particuliers, tu dois remettre une note dès que la prestation atteint 25 € TTC ; en dessous, seulement si ta cliente la demande (arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983). Une facture joue ce rôle. La plupart des esthéticiennes préfèrent émettre directement une facture pour tout : c'est plus simple à suivre dans son outil et plus pro. Toi, tu émets des factures (une note ou une facture remise à ta cliente) — Billies gère ta facturation, ce n'est pas une caisse de salon.
Pour les clients pros (entreprise qui fait venir une esthéticienne pour un événement, par exemple), la facture est obligatoire dans tous les cas (art. L441-9 du code de commerce).
Encaissement : carte, espèces, virement ?
- Espèces : autorisées jusqu'à 1 000 € TTC pour une cliente domiciliée en France.
- Carte bancaire : terminaux type SumUp, Square, Stripe Terminal — commission d'environ 0,9 à 1,75 % par paiement selon l'offre (tarifs affichés en septembre 2026).
- Virement : pratique pour les clients fidèles ou B2B.
- Chèque : encore courant mais en déclin, conserve le chèque jusqu'au passage en banque.
Quel outil utiliser ?
Tu as le choix entre trois approches selon ton volume :
- Carnet papier + Excel : pour 1-2 clientes par semaine, ça peut tenir. Au-delà, tu vas perdre du temps.
- Logiciel de facturation léger (Billies, Henrri) : émission rapide, numérotation auto, modèles légaux à jour.
- Logiciel métier beauté (Treatwell Pro, Planity Pro) : gère aussi les rendez-vous et l'encaissement, avec un abonnement pensé pour les salons.
Déclaration mensuelle ou trimestrielle (auto-entrepreneur)
En micro-entreprise, tu déclares ton chiffre d'affaires (HT) sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Tu peux choisir mensuel ou trimestriel. Tu paies les cotisations sociales sur la base de ce CA : 21,2 % en 2026 pour les prestations de services BIC, plus la contribution à la formation professionnelle (0,3 % pour une activité artisanale) et la taxe pour frais de chambre de métiers.
- Mensuel : moins lourd à gérer (petite somme chaque mois).
- Trimestriel : pratique si ton activité est saisonnière.
- Tu peux changer la périodicité une fois par an, avant le 31 octobre pour l'année suivante.
