1. Est-il raccordé à une PDP immatriculée, ou juste « compatible » ?
C'est la question qui trie le plus vite. Les factures électroniques transitent par des plateformes de dématérialisation (PDP, désormais appelées Plateformes Agréées) : des opérateurs privés immatriculés par l'administration fiscale. « Compatible facture électronique » peut vouloir dire beaucoup de choses ; « raccordé à une plateforme immatriculée » n'en veut dire qu'une : tes factures peuvent réellement entrer dans le circuit légal. Demande le nom de la plateforme, et vérifie qu'elle figure dans la liste officielle des plateformes immatriculées publiée sur impots.gouv.fr. Pour comprendre le rôle exact d'une PDP : Plateforme Agréée (ex-PDP) : comment choisir la tienne.
2. Émet-il du vrai Factur-X (EN 16931) ?
Un PDF « propre » n'est pas une facture électronique. Le format attendu est un fichier structuré conforme au socle européen EN 16931 — en pratique, pour un artisan, du Factur-X : un PDF/A-3 lisible à l'œil, avec les données de la facture embarquées en XML. Demande si le logiciel génère ce format nativement, ou s'il exporte un PDF classique « qui sera converti plus tard ». La nuance entre les formats est expliquée dans Factur-X, UBL, CII : les formats de la facture électronique.
3. Gère-t-il la réception de tes factures fournisseurs ?
Beaucoup de discours se concentrent sur l'émission. Or l'obligation la plus proche, celle du 1er septembre 2026, c'est la réception — et elle concerne toutes les entreprises, micro comprise. Si ton logiciel n'a pas de réponse claire sur « où arriveront mes factures fournisseurs », tu as un trou dans la raquette au pire moment. On a détaillé cette échéance dans Réception des factures électroniques : ce que tu dois faire avant le 1er septembre 2026.
4. Fait-il l'e-reporting de tes ventes aux particuliers ?
La réforme a deux volets : la facture électronique pour tes ventes aux pros, et l'e-reporting — la déclaration des données de tes ventes aux particuliers — pour le reste. Si tu vends aux particuliers (rénovation, dépannage, prestation à domicile…), ton logiciel devra transmettre ces données au fisc, au rythme de ta périodicité de TVA. Un outil qui ne gère que le B2B ne couvre que la moitié de ton activité. Le sujet est détaillé dans E-reporting : ce que l'artisan du bâtiment doit déclarer et, si tu es en micro, dans E-reporting et auto-entrepreneur.
5. Sous quelle identité partent tes factures ?
Question rarement posée, et pourtant structurante. Deux modèles existent : soit le logiciel raccorde TON entreprise à la plateforme (tes factures partent et arrivent sous ton identité, ton SIREN est inscrit à l'annuaire via ton propre compte), soit l'éditeur fait transiter les factures de tous ses clients par son propre compte. Le second modèle fonctionne aussi, mais demande-toi qui est raccordé, qui voit quoi, et ce qui se passe pour ton inscription à l'annuaire si tu changes d'outil. Une réponse claire à « c'est mon compte ou le vôtre ? » en dit long.
6. Que deviennent ton historique et tes archives ?
Une facture se conserve 10 ans. Demande où sont archivées tes factures émises et reçues, si les statuts de leur cycle de vie (déposée, refusée, encaissée — cf. notre guide de l'envoi de factures électroniques) restent consultables, et surtout ce que tu peux exporter si tu quittes l'outil un jour. Un logiciel sérieux répond « tout est à toi, exportable » ; méfie-toi des historiques prisonniers.
7. Le prix inclut-il l'e-facturation, ou c'est une option ?
Regarde la grille tarifaire de près : chez certains éditeurs, la facturation électronique est un module additionnel, une gamme supérieure, ou une facturation au document transmis. Ce n'est pas un scandale — mais tu dois le savoir avant, pas en découvrant la ligne en plus au moment où l'obligation te rattrape. Pose la question au prix complet : abonnement + e-facturation + réception + e-reporting.
8. C'est actif aujourd'hui, ou « prévu pour bientôt » ?
La question finale, celle qui vérifie toutes les autres. « Prêt pour 2026 » sur une page d'accueil peut décrire un produit livré comme une intention. Le test est simple : demande si tu peux, aujourd'hui, connecter ton compte et émettre ou recevoir une facture électronique réelle. Si la réponse contient « à l'approche de l'échéance » ou « sur notre roadmap », tu sais que tu testeras la mécanique en même temps que tout le monde, dans l'urgence de la deadline.
Le récap : les 8 questions et la bonne réponse
| La question | La réponse qui rassure |
|---|---|
| Raccordé à une PDP immatriculée ? | Oui, avec le nom de la plateforme, vérifiable sur impots.gouv.fr |
| Vrai Factur-X ? | Oui, EN 16931 sur base PDF/A-3, généré nativement |
| Réception des factures fournisseurs ? | Oui, elles arrivent dans l'outil — prêt pour le 1er septembre 2026 |
| E-reporting des ventes aux particuliers ? | Oui, intégré, à partir des factures existantes |
| Sous quelle identité ? | La tienne : ton compte connecté, tes factures en ton nom |
| L'historique ? | Conservé, consultable, exportable si tu pars |
| Le prix ? | E-facturation comprise, pas un module en plus |
| Actif aujourd'hui ? | Oui, démontrable tout de suite — pas « sur la roadmap » |
- J'ai le nom de la plateforme immatriculée à laquelle mon logiciel est raccordé
- Mes factures sortent en Factur-X conforme EN 16931
- Je sais où arriveront mes factures fournisseurs au 1er septembre 2026
- Mes ventes aux particuliers seront déclarées (e-reporting) depuis le même outil
- Mes factures partent sous ma propre identité
- Mon historique est archivé et exportable
- Le prix complet (e-facturation incluse) est posé noir sur blanc
- J'ai pu tester l'émission ou la réception en réel, pas sur promesse
Pour te situer dans les échéances pendant que tu fais ce tri : Facture électronique 2026 : qui est concerné et quel calendrier — et le décor complet de la réforme est dans Facturation électronique 2026 : comprendre la réforme en 10 minutes.
