La réponse en 30 secondes
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Le devis est-il obligatoire ? | Pas entre professionnels. Mais une fois accepté, il engage les deux parties : c'est lui qui fait foi en cas de désaccord. |
| Au mot ou à l'article ? | Au mot pour des volumes variables, à l'article ou au forfait quand le format est stable. Dans tous les cas, écris comment les mots sont comptés. |
| Combien de révisions ? | Celles que tu écris sur le devis. Sans chiffre, rien ne t'autorise à facturer la quatrième. |
| Mes textes appartiennent-ils au client ? | Pas automatiquement. Être payé ne transfère pas tes droits d'auteur : il faut une cession écrite et délimitée. |
| Un acompte ? | Libre à toi d'en demander un. Versé par un client professionnel, il donne lieu à une facture d'acompte. |
Le devis n'est pas obligatoire, mais c'est ton contrat
Entre professionnels, aucun texte ne t'oblige à faire un devis avant d'écrire. L'obligation de devis préalable vise des secteurs précis — travaux, déménagement, services à la personne, obsèques… — listés par l'administration sur entreprendre.service-public.fr. La rédaction web n'en fait pas partie.
Mais la DGCCRF le rappelle : « Le devis est une offre de contrat. Il engage les parties dès lors qu'il a été accepté. » Ton devis signé devient donc le contrat de la mission. Tout ce qui n'y figure pas — nombre de révisions, délais, droits d'utilisation — se discutera plus tard, sans texte pour trancher. Et une fois signé, il ne change plus que d'un commun accord : « Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties » (article 1193 du code civil).
Au mot, à l'article, à la journée : choisir ton unité
| Unité | Quand l'utiliser | Le piège |
|---|---|---|
| Au mot | Volumes variables, agences, fiches produit en série | Ne pas dire quels mots comptent : titres, balises méta, FAQ, citations ? |
| À l'article ou à la page | Format stable : article de blog de 1 000 à 1 500 mots, page de service | Un « article » sans fourchette de longueur, c'est un 2 500 mots payé au prix d'un 800 |
| Au forfait mensuel | Abonnement éditorial : un nombre de contenus par mois | Ne rien prévoir quand le client tarde à valider les sujets |
| À la journée | Audit éditorial, stratégie de contenu, atelier chez le client | Mélanger jours et mots sur la même ligne, sans pouvoir justifier l'un ou l'autre |
Quelle que soit l'unité, écris la règle de comptage dans le devis. Par exemple : « nombre de mots du texte livré, compté par le traitement de texte, hors balises méta et hors citations ». Une phrase, et plus aucune discussion au moment de facturer.
Calculer ton tarif au mot plutôt que copier celui du voisin
Les tarifs qui circulent sur les forums ne disent rien de ton temps réel. Le plus sûr est de partir de ce que tu dois gagner par jour, puis de le diviser par ce que tu produis vraiment.
- Fixe ton taux journalier : ce que tu dois facturer par jour travaillé pour couvrir ton revenu, tes cotisations et tes jours non facturés (prospection, administratif, congés). Le calculateur de TJM fait le calcul à partir du revenu net que tu vises.
- Mesure ta production réelle sur quelques missions : pas les mots tapés, les mots livrés, recherche, structure et relecture comprises.
- Divise : taux journalier ÷ mots livrés par jour = ton plancher au mot.
- Ajuste selon le sujet : un texte technique, juridique ou médical demande plus de recherche, donc moins de mots par jour, donc un prix au mot plus élevé.
Ce que ton devis doit préciser
- Le périmètre, texte par texte : nombre de contenus, longueur en fourchette, sujets ou mots-clés, public visé.
- Qui fournit quoi : brief, mots-clés, sources, accès au site. Si le client tarde à fournir, ton délai glisse d'autant — écris-le.
- Ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas : recherche de mots-clés, maillage interne, mise en ligne dans le CMS, choix des images, traduction. Chaque ligne exclue est une prestation que tu pourras chiffrer à part.
- Le nombre de révisions incluses et le prix des suivantes. Distingue la correction (le texte ne colle pas au brief) de la réécriture (le brief a changé).
- Les délais de livraison, et si tu le souhaites un délai de relecture par le client.
- La durée de validité de ton offre. Sans date, elle tombe « à l'issue d'un délai raisonnable » (article 1117 du code civil) — une notion que toi et ton client n'évaluerez pas pareil.
- Les conditions de paiement : acompte, échéance, pénalités de retard.
- La cession de droits : ce que le client peut faire de tes textes, sur quels supports, où et pendant combien de temps.
Tes textes ne sont pas au client : la cession de droits
C'est la ligne la plus souvent oubliée. Un texte original est une œuvre de l'esprit, et son auteur en détient les droits « du seul fait de sa création ». Être payé pour l'écrire n'y change rien : un contrat de prestation « n'emporte pas dérogation » à ce droit (article L111-1 du code de la propriété intellectuelle). Sans cession, ton client paie un texte qu'il n'a pas, en principe, le droit d'exploiter librement.
La loi encadre la cession de près :
- Elle doit être écrite : « Les contrats par lesquels sont transmis des droits d'auteur doivent être constatés par écrit » (article L131-2). Ton devis signé peut porter cette clause.
- Chaque droit cédé est nommé à part, et son domaine délimité « quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée » (article L131-3). Concrètement : quels droits (reproduction, adaptation, traduction), pour quels supports (site, réseaux sociaux, imprimé), sur quel territoire, pour combien de temps, en exclusivité ou non.
- Pas de cession en bloc de tes textes à venir : « La cession globale des oeuvres futures est nulle » (article L131-1). Pour un abonnement éditorial, rattache la cession à chaque texte commandé et livré.
- Ta rémunération : la loi prévoit en principe une part proportionnelle aux recettes d'exploitation, et n'admet le forfait que dans les cas listés à l'article L131-4 (par exemple quand la base de calcul ne peut pas être déterminée en pratique). Vérifie que ta situation en relève, et fais-toi conseiller si l'enjeu est important.
Pour rédiger une clause précise, notre générateur de clause de cession de droits te propose un texte structuré selon l'article L131-3 à partir de la description de ta mission. Gratuit, sans inscription. Relis toujours le résultat avant de l'intégrer.
Acompte, paiement, mentions : les règles à connaître
- Tu peux demander un acompte à la signature. Dès qu'un client professionnel te le verse, tu dois émettre une facture : « Tout assujetti est tenu de délivrer une facture pour les acomptes qui lui sont versés » avant la prestation (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-20-10-10). Mode d'emploi : la facture d'acompte.
- Entre professionnels, le paiement intervient en principe 30 jours après la prestation ; un délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours après la date de la facture, ou 45 jours fin de mois (entreprendre.service-public.fr). En cas de retard, pénalités et indemnité forfaitaire de 40 € : le calcul pas à pas.
- Micro-entrepreneur en franchise de TVA : tes factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts ». Reprends-la sur le devis, pour que ton client sache que le prix affiché est le prix final.
- Entreprise individuelle : sur tes factures, ton nom est « précédé ou suivi de la mention Entrepreneur individuel ou EI », avec ton SIREN. Mets les mêmes informations sur ton devis. La liste complète : mentions obligatoires d'une facture.
Exemple de devis de rédacteur web
Voici le corps d'un devis pour le blog d'une entreprise. Les montants reprennent le calcul ci-dessus (1 500 mots à 0,16 € HT = 240 €) : c'est un exemple de méthode, pas une grille de prix.
| Désignation | Quantité | Prix unitaire HT | Total HT |
|---|---|---|---|
| Articles de blog, 1 200 à 1 500 mots, mots-clés fournis par le client, une série de corrections incluse par article | 6 | 240 € | 1 440 € |
| Recherche de mots-clés et plan éditorial des 6 sujets | 1 forfait | 180 € | 180 € |
| Mise en ligne dans le CMS : mise en forme, balises, images fournies par le client | 6 | 25 € | 150 € |
| Cession des droits de reproduction et d'adaptation des 6 articles, site et réseaux sociaux du client, France, 5 ans, non exclusive | 1 forfait | 150 € | 150 € |
Total : 1 920 € HT, soit 2 304 € TTC avec une TVA à 20 %. Conditions : acompte de 30 % à la signature, solde à 30 jours date de facture. Livraison de deux articles par semaine à partir de la validation du plan. Correction supplémentaire : 40 € HT par article. Offre valable 30 jours.
Faire ce devis avec Billies
Billies est un logiciel de devis et factures pour artisans et indépendants. Pour un rédacteur web, concrètement :
- Tu décris ta mission à l'écrit ou à la voix (« 6 articles de 1 500 mots pour le blog d'Acme, mise en ligne, cession 5 ans web ») : l'assistant prépare le devis à partir de ton catalogue.
- À l'inscription, un catalogue de départ pour ton métier t'est proposé — articles par longueur, tarif au mot, fiches produit, abonnement éditorial, lignes de cession — et tu l'ajustes à tes prix.
- Ta clause de cession et tes conditions vont dans la note pour le client, imprimée sur le devis.
- Ton client signe en ligne depuis un lien, sans créer de compte. Tu fixes un pourcentage d'acompte ; Billies prépare la facture d'acompte, puis la déduit de la facture de solde.
- Les relances de factures impayées partent automatiquement, ou attendent ta validation : c'est toi qui choisis.
Pour la page dédiée à ton métier : Billies pour les rédacteurs web.
Récapitulatif
- Choisis ton unité (mot, article, forfait, journée) et écris comment les mots sont comptés.
- Calcule ton prix au mot depuis ton taux journalier et ta production réelle.
- Détaille le périmètre, ce qui est exclu et le nombre de révisions incluses.
- Fixe une durée de validité et des délais de livraison.
- Écris la cession : droits, supports, territoire, durée, exclusivité (articles L131-2 et L131-3 du code de la propriété intellectuelle).
- Acompte versé par un pro = facture d'acompte. Paiement entre pros : 60 jours maximum après la facture.
- Reprends sur le devis les mentions de ta facture : EI, SIREN, mention de TVA.
